L’Inde des contrastes

Delhi des pauvres, Delhi des riches, l’Inde des constrastes.

Je commence à comprendre. Une clameur dans le Vieux Delhi; j’ai eu l’impression d’entendre comme une foule qui chantait. Mais ce n’était que les milliers de personnes, à pied, en rickshaw, en auto-rickshaw, en motos et en voiture qui se déplaçait tous ensemble, en même temps et dans les deux directions, dans les bazars de Old Delhi. Les odeurs de diesel et de feux de bois sont prégnantes . Partout, les gens se poussent et cherchent à passer, à se faufiler. Les rickshaws caressent les voitures en essayant de profiter de chaque petit espace qui s’ouvre devant eux. Et le bruit des klaxons! Sans arrêt, les gens klaxonnent; pour dire qu’il s’en viennent, pour dire qu’ils s’en vont. Le plus drôle? Des motos avec des klaxons de camions.

À chacune des occasions où je voyais quelqu’un de pauvrement vêtu, j’en voyais un autre encore plus pauvrement vêtu. Des vêtements vieux, sales et rapiécés.

Old Delhi est vibrante. Des gens pauvres et des commerces. Encore des commerces. Toujours des commerces, partout des commerces. Des vêtements, des bibelots, des tapis, des ustensiles de cuisine, des chaudrons, des la nourriture, des fruits, des légumes (l’augmentation récente du prix des oignons a coûté le pouvoir à la Chief Minister, la première ministre de l’État de Delhi, la congresssiste Sheila Dickshit il y a deux semaines à peine). Mais aussi des moteurs, de la ferronnerie, du bois et des matériaux de constructions. On achète et on transporte.

Trois fois aujourd’hui, j’ai touché à l’histoire de l’Inde. Au 17e siècle, 5000 travailleurs ont construit Jama Masjid, la plus grande mosquée de l’Inde, un autre témoignage de la présence Moghul en Inde.

Je suis enfin allé à Lal Qila, le Fort Rouge. Le symbole du pouvoir en Inde depuis le 17e siècle. D’abort celui des Moghul qui a gouverné le sous-continent à partir de ce qui est aujourd’hui l’Iran mais qui, jadis, s’appelait la Perse. Subissant la pression des Hindous du sud le l’Inde, et pour ainsi se protéger, l’empereur traita avec les britanniques qui, après les Français, les Portugais et les Arabes, avaient entrepris l’occupation du territoire et qui, en protégeant l’empereur, laissèrent son pouvoir disparaître car il ne contrôlait plus rien. Ce fut au tour des Britanniques de hisser leur drapeau à la Porte de Lahore du Fort Rouge.

Puis ce fut cette nuit du 15 août 1947 où Jawarharlal Nehru, devenant premier ministre de ce nouveau pays, ordonna que soit descendu le drapeau britannique pour que soit hissé celui de l’Inde. Le symbole était si puissant que de l’entendre à la radio, par la voix des ondes, fut suffisant pour donner toute sa légitimité à l’événement. Le drapeau indien flottait à son tour sur le Fort Rouge.

Raj Ghat est le lieu de la crémation de Gandhi. Il a été assassiné par un fanatique  hindou le 30 janvier 1948, à peine six mois après l’Indépendance. Je n’ai pu m’empêcher de penser à Mandela en marchant autour de la grande plateforme de marbre noir, toute simple qui rappelle comment la simplicité peut être belle, évocatrice et puissante.

Connaught Place (famous CP…) est un endroit très différent. Je suis allé prendre une bouchée dans un resto-café branché  où la jeunesse dorée de Delhi s’était donnée rendez-vous. Des nachos, des pelures de patates au fromage, des cocktails sur les tables de ces jeunes qui discutent, rient et écrivent sur leur IPhone;  sans compter les narghilés qui enfumaient la terrasse extérieure qui donnait directement sur le parc central de CP.

L’Inde des contrastes, disions-nous…

3 commentaires sur “L’Inde des contrastes

  1. Avatar de Dominique Lafon Dominique Lafon dit :

    Devant notre feu de cheminée sous la neige épaisse qui tombe sans désemparer depuis trois jours, quel bonheur de te lire..
    Encore, encore, dis-nous encore l’Inde car comme tu la décris, nous avons l’impression d’être à tes côtés.
    Très drôle le clin d’oeil…académique de l’atterrissage à Paris.
    Sylvain savoure (le mot n’est pas trop fort) le sel non point attique mais politique de ton premier comte rendu.
    Tendresses,
    D.L.

  2. Avatar de Denise Richer Denise Richer dit :

    Novembre 2014 je mettais les pieds en Inde pour la première fois; j’y suis restée deux semaines. En lisant vos carnets de voyage je m’y retrouve avec bonheur, toutes mes impressions me reviennent avec force tant tous mes sens furent grandement touchés.
    Grâce à une amie commune je me permets une incursion dans votre périple.
    Denise Richer

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