En quittant la gare d’Agra, le train laisse la ville derrière lui, ses klaxons assourdissants, la poussière et les enfants qui, en faisant voler des cerfs-volants des terrasses du toit des maisons donnent une autre image de leurs vies. Dès qu’on sort de la ville, le contraste est saisissant; les champs s’étendent à perte de vue et on a l’impression que s’installe une certaine douceur de vivre. Probablement une illusion parce que la vie paraît plus dure encore dans les campagnes. Mais, alors que le train poursuit sa route vers le Rajasthan, que le soleil descend en éclairant le jaune du colza et le vert tendre des rizières, on voit les gens qui reviennent lentement des champs. Dans les petits villages, sur de grands terrains pas trop loin du chemin de fer, sous le soleil, des dizaines de jeunes s’adonnent au cricket, certainement le sport national indien, héritage des britanniques.
Le paysage est d’une grande beauté. Enfin du vert! Près des maisons, dans les petits villages, on voit des paons déambuler lentement. Fasciné, il m’ est impossible de ne pas être présent à ce moment, impossible de penser à autre chose. Je garde un souvenir vivace d’une maison plantée seule au milieu d’un champs jaune de colza près d’un petit bouquet d’arbres verts.
Le matin, j’avais fait une quarantaine de kilomètres en voiture à l’extérieur d’Agra pour me rendre à Fatehpur Shikri. De la route on ne voyait pas aussi bien les grands champs. On traverse des villages dans la poussière. Les gens vivent leurs vies. Certains se lavaient à grande eau dehors, aujourd’hui c’était beaucoup plus chaud , complètement nus.
Le sentiment qui nous reste c’est que ce n’est pas terminé. Les rues, les maisons, les boutiques, donnent l’impression que leur construction n’est pas complétée. Drôle d’impression.