La journée a commencée dans le brouillard et le froid. Mais déjà, au coeur de la petite ville de Bodhgaya, des milliers de personnes marchaient vers les différents temples bouddhistes.

Bodhgaya, une toute petite ville bien simple, est au coeur d’un des plus grands festival religieux bouddhistes. Du 3 au 14 janvier, des dizaines et des dizaines de milliers de personnes convergent de tous les pays du monde pour participer à cet événement.
Le Dalaï-Lama était d’ailleurs ici il y a deux jours pour l’inaugurer.

Bodhgaya est la ville la plus importante au monde pour le bouddhisme. C’est ici, au 7e siècle avant notre ère, il y a donc plus de 2600 ans, qu’après plusieurs mois de méditation, assis sous un grand banian, le prince Gautama Siddharta allait connaître l’illumination, l’Éveil. Il devient ainsi le Bouddha.

Un temple absolument magnifique, le temple de la Mahabodhi a été construit puis reconstruit après avoir été laissé à l’abandon, et après quelques destructions par des envahisseurs aussi, près de l’arbre, là où la légende veut que cet Éveil soit survenu.
On entre dans le complexe du temple en laissant son cellulaire à la porte. Il n’y aura de photo que de l’extérieur de ce vaste et impressionnant complexe.

Tout autour du temple, en formant un grand périmètre, un grand sentier où les gens déambulent dans le sens des aiguilles d’une montre. On les entend psalmodier doucement, pour eux-même. Il y a une foule immense mais pourtant l’atmosphère est empreinte d’un grand calme, d’une grande sérénité. Ce qui n’empêche pas les pélerins de se parler ou même de rire ensemble.
L’entrée du temple lui-même est de plusieurs niveaux plus bas que le sentier. De beaux jardins, des stupas, des plate-forme pour la prière occupent l’espace entre le sentier et le temple. Les gens de tous âges prient; les mains jointes au-dessus de la tête d’abord, puis à la hauteur du visage et enfin de la poitrine, pour s’élancer vers le sol qu’ils embrassent pratiquement, prosternés. Des gestes qu’ils répéteront plusieurs fois.
L’arbre, le majestueux banian, est bien là. Il s’agirait en fait de la cinquième génération de l’arbre original sous lequel le Bouddha était assis pour méditer.
Tout autour du temple, les pélerins accrochent de magnifiques guirlandes de fleurs. Des oeillets jaunes et oranges par milliers.
À l’arrière du complexe brûlent des centaines de petites lampes au beurre, comme au Tibet.
Une odeur d’encens flotte dans l’air, sur tout le complexe.
Une touriste bulgare, rencontrée à Amritsar, m’avait dit qu’afin de vraiment voir ce qu’il y a à voir, on lui avait conseillé de prendre le crayon et de tenter de dessiner ce qui s’offre à elle. Incapable de prendre des photos, ce qui n’est pas plus mal, le temps était venu de tenter l’expérience. Sans talent en dessin, mais alors là aucun, le simple fait fait d’essayer de reproduire ce que je voyais m’a obligé à prendre conscience d’un nombre incroyable de détails.Il faudra retenter l’expérience.
J’ai quitté à regret ce lieu après y être resté assez longtemps, en perdant un peu la notion du temps.
Le village compte plusieurs autres temples. Chaque pays bouddhiste a construit un temple selon ses façons de faire. On peut constater l’exubérance boutanaise.


Le calme et la sérénité japonaise.

Ou la beauté de l’architecture thaïlandaise.


Bodhgaya s’enorgueillit depuis cinq ans de la présence d’un immense Bouddha de plus de 25 m de haut, installé dans un très beau jardin. Il est assis, méditant, en position du lotus, les mains posées l’une sur l’autre; une des façons traditionnelles de représenter le Bouddha.

Ce voyage qui permet de fréquenter ces lieux chargés d’histoire et de sens pour des millions de bouddhistes à travers le monde est très intéressant et instructif. Malgré la foule, malgré la frénésie et malgré ce festival qui change évidemment ce village qui est généralement plutôt tranquille…
Denis, À lire ton texte, on y ressent un sentiment de calme et de paix…. J’imagine ce que ce doit être d’être là en personne.!!!
C’était une belle expérience…
Tu parles d’un village ou du moins d’une petite ville, considérant le nombre de « pèlerins » comment ça se passe du côté logistique? logement? transport? Es-tu sur place pour plusieurs jours ou as-tu fait un « in and out »?
Je suis ici depuis mardi, départ demain. Pour le reste c’est fou. Il y a un très grand nombre de kiosques de streetfood, des toilettes un peu partout et des grands espaces avec des tentes pour accueillir tout le monde. Et les hôtels sont complets!
À couper le souffle ce Bouddha! C’est vrai ce que dit Marielle! Ton écriture traduit très bien ce que tu dois vivre et ressentir! Quand ils prient les mains croisées au-dessus de la tête, sur le visage et sur la poitrine, leurs prières ou mantras sont-ils exprimés ouvertement ou silencieusement?
Tout est silencieux, à peine les entend-on murmurer parfois.