Deuxième journée à traverser le Meghalaya. Direction plein sud, pour atteindre ultimement la petite ville frontière de Dawki. Plus de deux heures de route dans les montagnes avec des paysages sublimes. Les routes de crêtes sont encore plus escarpées, les virages en épingles plus serrés, les ravins plus profonds et le chauffeur de taxi toujours aussi cow-boy.


Nous avons traversé de petites villes, des villages également où, au centre, s’élève une église. Phénomène plutôt rare, en Inde.

Puis, nous avons fait un virage à droite sur une petite route étroite qui semblait ne mener nulle part et qui s’est vite engouffrée dans la jungle. La route est vraiment étroite, difficile de rencontrer. Pourtant, bien sûr, la circulation va dans les deux sens. J’ai souvent fermé les yeux en voyant arriver à toute vitesse de gros Jeep pleins de touristes.



Et le miracle s’est encore produit. La végétation s’est modifiée, devenant souvent très dense et couvrant la route. Des essences d’arbres qui me sont totalement inconnues.
Nous sommes en pays Khāsi. Les villages se succèdent les uns aux autres jusqu’à ce que nous atteignions Mawlynnong, un de nos objectifs de la journée.
Dans le sud du Meghalaya, les villageois Khāsis construisent des ponts avec des racines vivantes. Ces ponts ont des durées de vie de plusieurs centaines d’années mais il faut trois générations pour le construire.
Pour y accéder, il faut descendre des centaines de marche pour atteindre la rivière. Comme dirait l’autre, on traverse le pont une fois rendu à la rivière.

Le pont est évidemment impressionnant parce qu’on le confond avec la nature dont il est issu. Je vous rappelle que les racines sont vivantes. Le petit-fils a terminé le travail commencé par son grand-père.




Après avoir pris le temps de bien examiner le pont, en évaluant ce qu’il contient d’investissement humain, j’ai vu, au pied d’un escalier, un petit panneau qui indiquait qu’à une quinzaine de minutes, se trouvait un endroit où on pouvait voir le Bangladesh.
J’ai entrepris de gravir l’escalier. J’ai vraiment cru, à un certain moment, que je n’en atteindrais jamais le sommet… Le 15 minutes dont il était question s’est mis à s’allonger avec les marches qui se succédaient les unes aux autres.

Et je suis arrivé dans un petit village khāsi qu’il fallait traverser pour atteindre le point d’observation.
Un autre monde. En pleine jungle, dans une végétation touffue, ce petit village où les gens travaillaient tranquillement. Une grand-mère lavait à la grande eau un petit bébé, des jeunes tenaient un kiosque de rafraîchissements, et des dizaines de personnes, surtout des femmes concassaient de la pierre.





Finalement, l’objectif!

Après un petit pont en bambou, une plate-forme en bambou également d’où on peut voir les montagnes du Meghalaya d’un côté, et le Bangladesh à l’horizon, de l’autre.



J’ai amorcé la descente en me disant que j’avais atteint le bout du monde. Et là, quelque part dans cette jungle du Meghalaya, quelqu’un écoutait Despacito à tue-tête…
Quel dépaysement!
Comme c’est diversifié!!!
Et elles cassaient des pierres dans quel but?
Pour la construction de routes ou de maisons.