Les rajahs ou les maharadjahs ont été dans l’histoire de l’Inde de vrais rois, avec de vrais royaumes, ce qu’on appelait les États princiers indiens à l’époque de l’Indépendance de l’Inde. Mais ils ont dû composer avec les différents empires qui exerceront l’autorité en Inde, particulièrement dans le nord: le sultanat musulman de Delhi (13e au 16e siècle), l’empire moghol (16e au 19e siècle) puis l’empire britannique (1857 à 1947). Ces rajahs combattront les armes à la main mais seront également de rusés diplomates qui réussiront ainsi à conserver sinon leurs royaumes à tout le moins leur influence et surtout leurs fortunes. Mais graduellemt, les britanniques les dépouilleront de tous leurs pouvoirs.
Avec le Raj britannique, à partir de 1857, et même peut-être un peu avant, plusieurs maharadjahs qui se veulent modernes iront régulièrement à Londres et y enverront leurs enfants étudier dans les universités anglaises.
La modernité s’exprimera également par la construction de palais modernes, plus confortables et prestigieux que les vieux palais historiques dans lesquels ont vécu leur aïeux. Le dernier de ces palais à été construit à Jodhpur entre 1929 et 1943 par le maharadjah de l’époque, Umaid Singh. Il a été construit lentement, parce que le but du maharadjah était de fournir du travail à ses sujets en période de famine. Il a coûté une véritable fortune.
Il compte 347 pièces, ce qui en a fait la plus grande résidence privée au monde à l’époque de sa construction.
Aujourd’hui il accueille un hôtel 5 étoiles et un musée. Il est toujours la résidence personnelle du maharadjah actuel et de sa famille.


Construit à l’âge d’or de l’Art Déco, tout l’intérieur a été dessiné dans ce très beau style. Les meubles qui devaient garnir le palais ont été dessinés et confectionnés en Angleterre. Ils ont été placé sur un bateau que les Allemands ont coulé en 1943 alors qu’il voguait vers l’Inde. Le maharadjah a demandé à un designer anglais de redessiner les meubles et de superviser leur confection en Inde.


Le musée qui présente surtout l’histoire de la construction du palais, expose également quelques objets des collections privées de la famille royale de Jodhpur, comme celle des horloges.


Le maharadjah présente également sa collection de voitures anciennes, dont deux Rolls-Royce du début du siècle.
Impossible de ne pas ajouter que tout cela s’est produit dans un pays dans lequel une partie très importante de la population ne mange pas à sa faim.