JNU

Depuis les derniers jours, les journaux suivent de près l’enquête que mène la police de Delhi pour trouver les coupables d’une attaque menée par des fiers à bras armés de barre de métal sur des étudiants et des professeurs de la Jawaharlal Nehru University, JNU. Une trentaine de personnes ont été grièvement blessées et une des victimes est la présidente de l’association étudiante de cette université.

L’attaque s’est déroulée en plusieurs vagues mais ce sont celles qui se sont passées en soirée dans les résidences étudiantes qui ont fait le plus de victimes. Heureusement, on ne compte pas de morts. Mais toutes les victimes ont été transportées à l’hôpital. D’ailleurs les fiers à bras se sont même attaqués aux ambulances qui transportaient les victimes.

De nombreuses questions restent sans réponse actuellement. Qui sont ces fiers à bras? Qui les a commandité? Comment se fait-il que les policiers n’ont pas répondu aux appels à l’aide qui leur étaient lancés dès la première attaque vers 16h30? Pourquoi ont-ils attendu trois heures avant de pénétrer sur le campus de l’université? Pourquoi l’université n’est-elle intervenue qu’en soirée pour demander formellement l’aide de la police? Pourquoi les policiers ont-ils interpellé les victimes plutôt que les assaillants? Pourquoi n’ont-ils pas entrepris de recherches immédiatement pour débusquer les assaillants?

Alors que des centaines de photos des assaillants ont été prises par les étudiants attaqués et remises à la police, aucune arrestation n’a encore eu lieu.

JNU est une des deux universités les plus prestigieuses de l’Inde. C’est une université de sciences sociales, les professeurs et les étudiants sont plutôt à gauche. C’est une des universités dont sont issus plusieurs leaders de la société indienne.

Le étudiants de cette université sont très actifs dans la lutte au CAA, la loi sur la citoyenneté.

On crains que cette attaque armée soit le fruit de certains militants du BJP, le parti au pouvoir en Inde. Pour l’instant, une vague organisation hindouiste radicale semble revendiquer l’attaque, mais les commentateurs croient que ce serait une diversion pour éloigner les recherches du BJP.

Le vice-chancelier de l’université, l’équivalent du recteur, a déclaré hier qu’à son avis l’attaque était le fait de l’association étudiante qui voulait se poser en victime. Son commentaire a soulevé l’indignation, et devant l’incapacité de l’université de protéger ses étudiants, professeurs et étudiants demandent sa démission.

À travers le pays, dans plusieurs universités, les étudiants manifestent leur appui à ceux de JNU. De nombreuses stars de Bollywood sont également intervenus publiquement pour dénoncer la violence. Une des plus grandes vedettes du cinéma indien, Deepeka Padukone s’est même rendue sur le campus de JNU pour rencontrer les étudiants. Une présence fortement médiatisée, on s’en doute.

Le BJP a émis un communiqué dénonçant l’attaque en ajoutant que les universités devraient être à l’abri de la politique et se consacrer à l’éducation. Plusieurs y ont vu une menace.

Laisser un commentaire