Un sympathique couple de Mumbai

On ne s’attend pas à recevoir une formation complète sur l’implantation en Inde de la Goods and Sercices Tax, la GST, l’équivalent de notre TPS ou de la TVA française. Mais ça survient au moment où on s’y attend le moins, dans le train entre Bikaner et Jodhpur.

Un peu avant le départ, le wagon était presque vide quand un couple chargé de bagages vint s’installer dans le compartiment où je venais moi-même de prendre place. Très sympathiques, ils se sont rapidement présentés. Habitant Mumbai mais originaires de Bikaner, ils venaient d’y passer quelques jours parce le frère du mari était souffrant. Ils retournaient maintenant à Mumbai, un périple de 24 heures dans ce train. Je m’estimai chanceux de n’y passer que six heures et de descendre à Jodhpur.

Après les échanges d’usage sur mon appréciation de l’Inde, sur les endroits que j’ai visités et un échanges de suggestions et de conseils de voyage, j’ai à mon tour posé des questions sur leur travail. Dans un premier temps très discret, le mari me dit travailler pour le gouvernement indien. Sans donner plus de détails.

Ce n’est qu’un peu plus tard que j’appris qu’il est un très haut fonctionnaire du ministère indien des Finances, membre de la commission chargée de l’implantation de cette nouvelle taxe.

Il existait bien sûr une multitude de taxes sur les biens et services en Inde avant l’instauration de cette nouvelle taxe en 2017. Chacun des États, de même que le gouvernement central, avaient plusieurs façons de taxer les différents produits et services dans le pays. Depuis 2004, le ministère des Finances travaillait sur un projet de taxe unique, coordonnée avec les États. Le projet, même s’il subit toujours des modifications, il y aurait eu plus de 300 amendements à la loi depuis son adoption, est implanté depuis 2017. La commission est responsable tant de l’implantation que de son application et que de la coordination avec les 30 ministères des Finances des États et du gouvernement central.

Les critiques sont généralement positives, tant chez les gens d’affaires que chez les consommateurs qui ont vu les prix baisser légèrement depuis son entrée en vigueur. Mais j’ai compris de mon sympathique interlocuteur que l’exercice demande une gymnastique hors du commun pour coordonner tous ces ministères.

Ce sont le Canada et l’Australie qui ont servi de modèles. Il m’a confié, sourire en coin, que l’ayant instaurer après que ces deux pays l’aient fait, l’Inde a pu ainsi améliorer la taxe.

Il doit venir au Canada pour une mission avec des vis-à-vis ministériels avant la fin de l’été 2020. Peut-être aurons-nous la possibilité de nous revoir à ce moment.

2 commentaires sur “Un sympathique couple de Mumbai

  1. Avatar de Inconnu Carole Lavallée dit :

    J’aime beaucoup tes histoires de train… c’est la vie au quotidien avec des familles….

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