Quelques épices

À Jodhpur, il y a une petite boutique reconnue pour la qualité de ses épices, dont la plupart proviennent du Kérala, au sud de l’Inde. Difficile de résister. Il ne reste plus qu’à cuisiner et à préparer le masala chai.

Un mot sur Krishna

Krishna est une des principales divinités hindoues. Il est la huitième incarnation de Vishnu, une des trois divinités du trimurti avec Brahma et Shiva.

Ce dieu est au cœur du Mahabharat, d’un des deux principaux livres sacrés et anciens de l’hindouisme avec le Ramayana, rédigés en sanskrit.

Ce livre raconte la bataille livrée entre des cousins alors que Krishna conseille Anjuna dans la poursuite de cette guerre. Un peu comme la bible pour les Hébreux, le Mahabharata, devient un traité de philosophie pour les hindous.

Krishna est généralement représenté jouant de la flûte, peint en bleu. Un chapitre complet du Mahabharata traite des ses aventures amoureuses avec des bergères alors que lui-même était gardien de vaches.

Jodhpur- Umaid Bhawan

Les rajahs ou les maharadjahs ont été dans l’histoire de l’Inde de vrais rois, avec de vrais royaumes, ce qu’on appelait les États princiers indiens à l’époque de l’Indépendance de l’Inde. Mais ils ont dû composer avec les différents empires qui exerceront l’autorité en Inde, particulièrement dans le nord: le sultanat musulman de Delhi (13e au 16e siècle), l’empire moghol (16e au 19e siècle) puis l’empire britannique (1857 à 1947). Ces rajahs combattront les armes à la main mais seront également de rusés diplomates qui réussiront ainsi à conserver sinon leurs royaumes à tout le moins leur influence et surtout leurs fortunes. Mais graduellemt, les britanniques les dépouilleront de tous leurs pouvoirs.

Avec le Raj britannique, à partir de 1857, et même peut-être un peu avant, plusieurs maharadjahs qui se veulent modernes iront régulièrement à Londres et y enverront leurs enfants étudier dans les universités anglaises.

La modernité s’exprimera également par la construction de palais modernes, plus confortables et prestigieux que les vieux palais historiques dans lesquels ont vécu leur aïeux. Le dernier de ces palais à été construit à Jodhpur entre 1929 et 1943 par le maharadjah de l’époque, Umaid Singh. Il a été construit lentement, parce que le but du maharadjah était de fournir du travail à ses sujets en période de famine. Il a coûté une véritable fortune.

Il compte 347 pièces, ce qui en a fait la plus grande résidence privée au monde à l’époque de sa construction.

Aujourd’hui il accueille un hôtel 5 étoiles et un musée. Il est toujours la résidence personnelle du maharadjah actuel et de sa famille.

Construit à l’âge d’or de l’Art Déco, tout l’intérieur a été dessiné dans ce très beau style. Les meubles qui devaient garnir le palais ont été dessinés et confectionnés en Angleterre. Ils ont été placé sur un bateau que les Allemands ont coulé en 1943 alors qu’il voguait vers l’Inde. Le maharadjah a demandé à un designer anglais de redessiner les meubles et de superviser leur confection en Inde.

Le musée qui présente surtout l’histoire de la construction du palais, expose également quelques objets des collections privées de la famille royale de Jodhpur, comme celle des horloges.

Le maharadjah présente également sa collection de voitures anciennes, dont deux Rolls-Royce du début du siècle.

Impossible de ne pas ajouter que tout cela s’est produit dans un pays dans lequel une partie très importante de la population ne mange pas à sa faim.

Un champion

En traversant les jardins au centre desquels est situé le Government State Museum qui vient d’être complètement rénové, je suis passé près d’un groupe d’enfants qui jouaient, bien sûr, au cricket.

Pas un seul étranger dans le coin. D’ailleurs il n’y avait personne au musée et le responsable des billets d’entrée était assis dehors avec des amis venus jaser avec lui.

Bref, à l’instant où ils m’ont vu, les enfants ont cessé leur jeu et ont couru vers moi en souriant. Habituelles questions, de quel pays je viens et quel est mon nom. Quand j’ai donné mon prénom, un des enfants a dit « funny name » d’un air dubitatif en regardant les autres. Je ne lui ai pas dit que les spécialistes des religions voient des similitudes entre Dionysos, d’où vient mon nom, et Khrisna, le dieu joueur de flûte.

Nous avons amorcé une conversation sur le cricket et un des enfants a pris la pause. Déterminé et convaincant. Une pose de champion.

Jodhpur – Jaswant Thada

À leur mort, les Hindous sont rapidement incinérés. Les maharadjahs n’y échappent pas. Plusieurs d’entre eux ont eu leurs cendres dispersées dans le Gange. Mais leur mémoire est préservée par des cénotaphes, de souvent très beaux monuments funéraires. Rappelons que le fameux Taj Mahal est un monument funéraire à la mémoire de Mumtaz Mahal, l’épouse hindoue de Shah Jahan, un célèbre empereur moghol qui régnait à Agra, en Uttar Pradesh avant que la capitale de cet empire ne soit transférée à Delhi. Ici, c’est la reine qui a fait construire un superbe monument funéraire en marbre blanc pour son mari décédé en 1899; le maharadjah Jaswant Singh II.

Le monument, situé à un kilomètre du Fort de Mehrangarh, offre une très belle vue sur la ville et une grande quiétude.

D’autres monuments funéraires, plus modestes ont également été érigés pour les autres maharadjahs de Jodhpur.

Jodhpur – le fort de Mehrangarh

Surplombant la ville, au sommet d’un majestueux promontoire, les rajahs de Mârvar se construisent à partir de 1459 un palais qui sera aussi une forteresse, pour la défense de Jodhpur qu’ils ont fondée. Les rajahs sont de la famille Rathore et, s’il ne règne plus, il y a toujours un maharadjah à Jodhpur. Comme plusieurs autres dans son cas, c’est un homme qui est d’abord un homme d’affaires gérant un patrimoine séculaire. L’actuel maharadjah est né en 1948 et est monté sur le trône à l’âge de 4 ans, en 1952, au décès de son père. Il est le descendant direct des fondateurs du royaume de Mârwar, fondé il y a plus de 500 ans.

Le Rajasthan offre probablement ce qui est le plus près de ce que les étrangers ont comme image de l’Inde; les maharadjah, les palais somptueux, les bijoux et les éléphants. Jodhpur en est une très belle illustration.

Le fort est évidemment impressionnant. Pour y accéder, on doit traverser plusieurs portes et gravir de nombreux escaliers, pour finalement atteindre le palais transformé en musée.

Le palais est construit autour de cours intérieures, chacune avec leurs fonctions distinctes. Toutes autour, de haut murs travaillés cachent les différentes pièces du palais.

Les pièce, à l’intérieur, sont immenses et richement décorées par les différents maharadjas qui s’y sont succédés.

Plusieurs belles pièces d’antiquités sont également présentées aux visiteurs. Comme ce palanquin royal, trésor de guerre, rapporté d’une bataille victorieuse au Gujarat voisin. Ce palanquin, était porté par huit hommes.

Ou encore ce howdah, permettant au maharadjah de se promener à dos d’éléphant dans les rues de Jodhpur.

Voici maintenant un berceau pour de petits enfants royaux.

Les plafonds de ces grandes pièces du palais sont richement décorés.

Le Fort de Mehrangarh constitue la principale attraction touristique de Jodhpur.

Jodhpur, Rajasthan

Il est 16h30 à Jodhpur, et si le jour se lève à peine au Québec où il n’est que 6h, dans une heure le soleil sera couché et il fait déjà un peu plus frais, ce qui crée un contraste avec la chaleur humide de Mumbai. Il a fallu à peine un peu plus d’une heure en avion, d’une ville à l’autre, pour me retrouver dans le nord-ouest de l’Inde; dans le Rajasthan, le pays des rois. Jodhpur est à 400 kilomètres de la frontière avec le Pakistan.

Jodhpur est une ville importante du Rajasthan, la deuxième en fait après Jaipur, la capitale de l’État, dont elle est distante de 340 kilomètres. Plus d’un million de personnes y vivent. Si Jaipur est la ville rose, Jodhpur est la ville bleue.

Jodhpur est une ville où il fait presque toujours soleil, et le bleu protège de la chaleur.

Sur un promontoire qui domine la ville, les maharadjas du Mârwar, les Rathore, famille célèbre, ont construit ce fort qui était aussi un palais, que je peux admirer de la terrasse du restaurant du homestay où je résiderai pour les prochains jours. Ce fut ma première image de ce que qu’est vraiment Jodhpur.

Je crois comprendre que le cœur de la ville est cette jolie Tour de l’horloge autour de laquelle le Sardar Market est installé. Un gigantesque bazar, dans tous les sens du terme.

À petite centaine de mètres de la Tour de l’Horloge, un vieux puits à degrés récemment restauré. Une des attractions de la ville. On comprend le principe, les gens pouvait descendre jusqu’au niveau de l’eau pour la puiser.

J’arrive à peine et je n’ai eu qu’un bref aperçu de cette ville bleue que je découvrirai au cours des prochains jours.