À l’hôtel ce matin, dans la salle à manger, il n’y avait d’ étranger que moi. C’est la première fois depuis mon arrivée. Les familles indiennes qui sont hébergées à l’hôtel mangent leur petit déjeuner indien qui comprend le Aloo Puri , des pommes de terres avec du pain chapati. J’ai découvert de drôles de petits déjeunes sur le menu: mussele, cornflex et poregge. Quand les familles comptent trois générations, les différences entre les habillements et les comportements des différentes générations sautent aux yeux. Les ados indiens sont très semblables aux nôtres,ils n’existent que par et pour leur « mobile« . Leurs grands-parents semblent vivre dans un autre siècle avec les saris et les kurtas.
Je suis installé dans un hôtel très confortable, mais ce n’est pas le confort traditionnel de chez nous. Je me promène en tuk-tuk, pas en SUV comme les touristes des hôtels 5 étoiles. Pour se rendre d’un endroit à l’autre dans la ville, Bablu, mon tuk-tuk driver, doit passer à travers les vraies rues de la villes, celles où vivent les gens. Les gens sont partout.Ils marchent, ils travaillent dans leurs petites boutiques, ils nettoient les marches qui mènent à leurs maisons. Parfois les portes de métal de ces petites maisons sont ouvertes et offrent à la vue une ou deux pièces, le sol est couvert des tapis colorés. Bablu me demandait comment ces touristes 5 étoiles peuvent dire qu’ils ont vu l’Inde. Il a transporté un couple de britanniques récemment, résidant dans un grand hôtel de Jaïpur. Ils lui ont dit « Promène-nous dans ton tuk-tuk, nous voulons toucher la ville. » Des gens sympathiques, a-t-il dit.
Dans les rues, des cochons, des chèvres et un nombre incalculables de chiens. Et les vaches, les fameuses vaches sacrées. Celles que j’ai découvert dans les Cigares du Pharaon, un des albums du Tintin de mon enfance. Ce sont les mêmes vaches, beiges avec une petite bosse sur le dos. Elles marchent lentement ou encore elles sont couchées et mastiquent les déchets qui jonchent les rues. Les piétons, les motos, les tuk-tuks et les voitures les contournent ou attendents qu’elles se décident à d’avancer.
Il fait froid à Jaïpur, 7 C ce matin. J’ai lu dans le journal que certaines écoles étaient fermées aujourd’hui à cause du temps froid. On annonçait 20 C pour l’après-midi. Mais les classes sont très souvent ouvertes au vent.
Pourtant les gens vont pieds-nus dans leurs sandales. Ils sont emmitoufflés dans de grands châles, plusieurs portent des tuques de laine. Je n’en ai vu aucune du Canadien, cependant…
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J’ai terminé l’après-midi chez Crossword, une belle grande librairie. J’ai bouquiné. J’ai vu plusieurs romans d’auteurs indiens qui semblaient intéressants. Je retournerai dans une librairie quand je serai à Mumbai. J’ai acheté deux livres. The discovery of India que Nehru a écrit lorsqu’il a passé cinq mois en prison dans les années 1940 et qui a été publié en 1946. Nehru présente sa propre lecture du pays. Shashi Tharoor est un haut fonctionnaire de l’ONU, d’origine indienne. Il est arrivé second à l’occasion du vote qui a élu Ban Ki Moon au poste de secrétaire général des Nations-Unis en 2007. Il a écrit India, from midnight to the millenium and beyond, une réflexion sur l’avenir de l’Inde. J’ai plongé dans le livre et j’ai du me faire violence pour en sortir…mais je vais y retourner. Shashi Taroor a également écrit Nehru, the invention of India. C’est ce livre que je cherchais, mais je ne l’ai pas trouvé.