La Cour Suprême de l’Inde a conclu récemment, par la voix de son Juge en chef, qu’elle ne se préoccupait pas suffisamment des causes de « justice sociale ». Entendez par là, les grands dossiers sociaux comme ce cas complètement incroyable, devant les tribunaux depuis 22 ans, celui des personnes déplacées à l’occasion de la construction du barrage Sardar Sarovar sur la rivière Narmada dans le Gujarat qui réclament une plus juste compensation que ce qu’ils ont obtenu.
Le Juge en chef a donc décidé de nommer des juges responsables d’accueillir et de traiter rapidement les dossiers qui sont présentés devant la Cour Suprême et qui traitent des questions telles la sécurité alimentaire, les soins de santé, la situation des sans-abris, la sécurité des femmes et la protection des enfants. Le premier cas qui a été présenté à ces juges fut celui du besoin pressant d’hébergement pour les sans-abris en période de grands froids (comme ce fut le cas en décembre dans le nord du pays). La Cour, qui a commencé ces travaux très particuliers le 12 décembre, a ordonné à 31 états de mettre des abris temporaires en place avant le 31 décembre! Les juges ont également sermonné le gouvernement central, qui avait indiqué que cette responsabilité appartenait aux états, en lui rappelant qu’il ne pouvait « s’en laver les mains ».
Certains critiquent ce qu’ils qualifient d’activisme. La Cour n’a évidemment pas à remplacer l’exécutif, le gouvernement, pourtant elle semble développer des réflexes visant à régler des dossiers. Ces juges réussiront-ils à faire face à la musique? Ils ne peuvent consacrer à ces dossiers sociaux qu’à peu près 2 heures par semaine. Pour information, il y a présentement 64 919 cas pour lesquels la Cour Suprême n’a pas encore rendu de décision…