Ahmedabad, Gujarat

La ville accueille un événement international qui vise à faire la promotion du Gujarat, Vibrant Gujarat. En attendant mon taxi ce matin, je discutais avec un représentant d’une université australienne qui avait son laissez-passer pour l’événement autour du cou.   Je lui ai demandé son opinion. « Tant qu’on est ici en sachant qu’on travaille pour le long terme, ça va. Il n’y aura jamais de court terme en Inde. » Il a eu l’occasion de croiser le PM Modi à quelques reprises. Il m’a exprimé son malaise sur ce qu’il représente, le nationalisme hindou. « Modi est la version présentable d’options politiques très discutables. Les nationalistes hindous se sont trouvés un bon porte-parole. Mais tout cela n’est pas très bon pour le pays ».

Mes visites dans la ville m’ont justement amené à constater la diversité de cette grande ville de 6 millions d’habitants.

D’abord la mosquée Jumma Masjid, la  mosquée du vendredi. Immense et très belle. J’y étais pratiquement seul ce matin. La mosquée a été construite au 16e siècle, dès l’arrivée des moghols, avec les ruines des temples hindous que ces princes persans se sont empressés de faire démolir à leur entrée dans le pays en invoquant l’idolâtrie des Hindous. Mais c’est très beau…


Une deuxième mosquée datant d’à peu près la même période, la mosquée de Sidi Sayid, vaut le détour. Une dentelle de pierre représentant l’arbre de la vie est absolument magnifique. Elle d’ailleurs devenue la signature du Gujarat.


Les Hindous, pour leur part ont bien accès à de très nombreux temples dans la ville dont le temple de Swaminarayan.

La ville compte également un très beau temple jaïn, tout en marbre blanc, le temple Hutheesingh, en grande rénovation actuellement.

Un peu à l’extérieur de la ville, un extraordinaire puit à degrés dont la construction a commencé en 1499. Une très belle et très riche structure souterraine sur cinq étages (cinq  degrés)  de profondeur au fond de laquelle un puit garantie de l’eau aux voisinage. Tout est sculpté, travaillé avec un grand raffinement. Une merveille d’ingénierie, d’architecture et d’art.

Un des principaux attraits touristiques de la ville est de l’ashram de Sabarmati; le tout premier endroit où s’installa Gandhi de 1917 à 1930, lorsqu’il revint de son long séjour en Afrique du Sud.  Un bel endroit sur les bords de la rivière qui traverse la ville.

Plusieurs des stratégies qui ont mené à la politique de non-violence auraient été élaborées dans la chambre toute simple du Mahatma en présence des premiers leaders de la lutte pour l’indépendance de l’Inde, dont Nehru.


Le complexe, qui comprend de nombreux édifices, permettait à la communauté qui avait accepté de suivre Gandhi de vivre, de travailler et de… prier. Tout ça dans une atmosphère de grande sérénité, au bord de l’eau, un peu à l’extérieur de la ville. L’ashram a été démantelé en 1933. Jusqu’à son assassinat en 1948, Gandhi a partagé son temps entre les prisons britanniques et différents endroits en Inde, au gré de ses visites au quatre coins du pays.

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