Ellora est un site patrimonial majeur en Inde. Contrairement au site d’Ajanta, découvert par hasard en 1819, cité perdue et préservée durant plus de 1000 ans, la présence des grottes d’Ellora a toujours été connue. Les paysans des alentours s’y abritaient pendant les moussons trop violentes et le site a souffert de ces liens trop étroits avec les populations environnantes.
Pendant plus de 300 ans, trois des grandes religions indiennes ont cohabité à Ellora pour construire des temples bouddhistes, hindous et jaïns en les créant de toutes pièces avec pour seuls outils des ciseaux et des marteaux. Des milliers d’ouvriers, pendant plus de 300 ans ont ainsi sculpté 34 temples directement dans le basalte volcanique de collines près du petit village de Verul, que les britanniques, incapables de prononcer ce nom ont transformé en « Ellora ».

Évidemment, sauf pour le temple de Kailash – j’y reviendrai- on ne voit pratiquement rien de l’extérieur car on a creusé les temples ou les monastères directement dans les collines.
Le travail de ces artisans est évidemment impressionnant. Tous les temples sont composés de tableaux sculptés qui racontent chacun des histoires. C’est aussi vrai dans les temples bouddhiste que pour les temples hindous où jaïns.




Les photos qui précèdent proviennent des temples bouddhistes, creusés dans le roc.
Au centre d’Ellora, toujours avec des ciseaux et des marteaux, les artisans ont carrément sculpté un temple hindou en l’honneur de Shiva, le temple de Keilash. C’est le plus bel exemple de ce type de travail au monde. Le plus imposant aussi.



Regardez bien les photos: ce temple n’a pas été construit, il a été sculpté dans le roc, du haut vers le bas, de l’avant vers l’arrière. Une pure merveille. Sur les murs du temples sont également gravés en bas-reliefs les grandes histoires épiques hindous, le Mahabarata et le Ramayana. Un peu comme si avait gravé différents épisodes de la Bible.
D’autres tableaux qui présentent différents moments de la vie de Shiva, comme cet épisode où, après son mariage avec Parvati, les nouveaux mariés jouent aux dés qui des deux dirigera le couple. Parvati gagnera la partie alors que Shiva l’implore de lui donner une nouvelle chance. Qu’elle ne lui accordera pas.

Et voici ce qu’on trouve dans toutes les salles les plus sacrées des temples érigés en l’honneur de Shiva: le lingam.

Le lingam est le symbole de la vie: un phallus et un vagin. Quoi de plus simple.
Ellora compte donc 34 grottes, 13 bouddhistes, 16 hindoues et 5 jaïns. Les grottes hindoues et jaïns, une religion créée pour rompre avec le système de castes hindoues, ont été construites simultanément. Les Indiens sont fiers de dire que ces grandes religions se côtoyaient pacifiquement et s’influençaient même les unes les autres en s’empruntant mutuellement des motifs architecturaux.
La religion jaïne propose un grand ascétisme, une grande simplicité et un grand renoncement aux sens. On voit d’ailleurs ici un des tableaux où un saint jaïn est tenté par le désir, confronté par les peurs et résiste pourtant à toutes les tentations, totalement impassible.

Intéressant comme cet appel à la résistance aux sens, à la lutte aux tentations se retrouve ainsi dans toutes les religions. Si on n’évoque pas ici les quarante jours et quarante nuit dans le désert, le concept reste le même.
C’est en particulier pour voir Ajanta et Ellora que j’ai fait cette année ce voyage en Inde. Je verrai aussi, plus avant dans ce voyage le temple de Konark, près de Puri dans l’Odisha. Mais ça c’est pour plus tard. Pour l’instant: mission accomplie. Avec beaucoup de bonheur.
Merci Denis de nous partager les beautés de l’Inde, quelle générosité, c’est grandement apprécié. Lucie (fille d’Huguette) Om Shanti Om
Love following along on your travels, Denis. Beautiful photos, interesting stories. Merci.
Malgré la modernisation d’aujourd’hui, rien n’est aussi spectaculaire que ces temples qui étaient contruits de leur main et non par des machines, c’est incroyable ce que l’être humain peut faire avec du temps et de la patience!
Il faut bien l’avouer: la qualité de tes envois, leur intérêt les rendent dangereusement PASSIONNANTS et créent ainsi une dépendance redoutable dont tu mesures j’espère les conséquences… Tu as désormais un public captif que tu devras alimenter sous peine de torture mentale. Assez plaisanter, car ce qui est merveilleux c’est que nous voyageons avec toi sans les aléas mais avec toutes les plus belles images et même les saveurs de ce pays si divers. Il ne manque que le bruit, mais qui peut être dérangeant, et les odeurs que l’on peut retrouver en sniffant un peu de curry. Prends soin de toi. Toujours en ligne à tes côtés, tendresses Dominique (et Sylvain)
Je te lis avec grand intérêt. Les temples sont époustouflants. Je n’ecris pas à chaque jour, mais je suis là à tous les jours. Merci