Tagore et Kolkata sont indissociables. Il demeure aujourd’hui encore une fierté pour les Bengalis et surtout pour les habitants de la ville où il est né, où il a vécu et où il est mort.
Depuis que j’ai commencé à lire un livre qui relate les événements de sa vie par ses textes, j’ai pu vivre de très beaux moments.
À l’éco-village, alors que nous revenions de notre long périple en bateau à la fin de l’après-midi, au moment où le soir tombait doucement, je suis allé lire dans l’espace où nous prenions nos repas. Tout le monde s’était retiré et j’étais seul avec Tagore. J’aime beaucoup ce livre. Le poète bengali écrit merveilleusement bien, il a le don de bien décrire les situations, les sentiments et les émotions. J’étais entièrement pris pris par mon livre quand un bruit, probablement un des chiens qui venaient tourner autour de moi, m’a fait lever la tête et constater que la lune était déjà haut dans le ciel. Quelqu’un, sans que je m’en aperçoive avait démarré un feu dans lequel brûlaient des feuilles d’eucalyptus, à l’odeur tellement agréable. Un beau moment
Sur le bateau qui nous ramenait vers la terre ferme, à la fin du séjour, et comme le trajet dure près de deux heures, j’ai ressorti mon livre pour lire un peu. Le pilote du bateau avait avec lui son fils qui lui donnait un coup de main, c’est même lui qui a piloté le bateau au tout début du voyage et qui nous a servi le chai.
Concentré sur ma lecture, j’ai tout à coup senti que quelqu’un se tenait près de moi. En me retournant, j’ai vu cet adolescent, tout sourire, pointer mon livre du doigt. Je lui ai montré la couverture et il a lu le titre en anglais. Puis il a pris un petit banc qu’il a placé près de moi et s’est assis. En suivant avec son doigt, dans un anglais très hésitant, mais avec fierté, il a lu la phrase à la page où j’étais. Pendant plusieurs minutes je l’ai écouté lire, l’aidant parfois avec les mots plus difficiles.
Il a essayé de me parler, mais je ne comprend pas le bengali. Heureusement, Arif, notre sympathique guide, a accepté de nous aider à communiquer. Il s’appelle Dheman, il a 13 ans, il est en 8th standard, l’équivalent de notre 2e secondaire, et vient de Kolkata. Il commence seulement à apprendre l’anglais et était tout fier de me le montrer. Un autre beau moment.

Arif a bien vu que je lisais Tagore. Bengali lui même, il m’a dit combien ce poète était important à Kolkata. Il m’a alors recommandé d’aller au Indian Coffee House, sur Collège Street, dans le centre de la ville. À ce café, tous les matins où il était à Kolkata, Tagore allait s’asseoir pour commencer sa journée.
J’ai suivi le conseil d’Arif et traversé ce matin la ville à pied pour m’y rendre. Le souvenir de Tagore y est très présent, un grand portrait de lui est encore accroché au mur. Le café est vieux et défraîchi mais sympathique.



J’ai imaginé que jadis, l’écrivain a peut-être vécu des moments comme celui-ci.

Sur le chemin, j’ai vu plusieurs fois des affiches avec la photo de Tagore.


Avec mon livre et mon café, je n’étais pas en reste. Un autre beau moment grâce à Tagore.

Ce texte m’a particulièrement touchée, peut-être parce que tu y parles de lecture, de littérature, mais surtout pour ce garçon qui a lu avec toi. Le livre comme porte d’entrée dans le coeur des gens, j’adore! Et quand je lirai Tagore à mon tour, c’est toi que je verrai dans ce bateau avec ton jeune lecteur à tes côtés.
Wow…merci….
Très bel article Denis…
Tagore a le don de bien décrire les situations et que dire de toi!