Il y a 48 monuments historiques protégés, à Mandu. Si la plus grande partie d’entre eux se trouvent près du centre de la petite ville de 7000 habitants, plusieurs édifices, palais, mosquées et tombeaux musulmans, ont été construits en pleine campagne, à plusieurs kilomètres du centre.
Quand la journée est aussi belle que celle d’aujourd’hui, c’est d’abord un pur plaisir que de se retrouver au beau milieu des champs de blé en profitant de la douceur de l’air doux du matin.
Peu importe où on est dans la campagne autour de la ville, même quand on croit être très loin à l’intérieur des terres, avec les chants d’oiseaux, et il y a en a de très mélodieux, s’élèvent soudain les cris des enfants qui jouent et qui s’amusent dans les champs.
Un peu plus loin, perchés au sommet d’un des ravins abrupts qui entourent la ville, les tours de garde sont toujours au rendez-vous. C’est là qu’étaient postés les soldats qui défendaient l’accès à la ville.
Tout à coup, à peine un peu plus bas, marchant sur un sentier qu’on n’a pas vu, une femme en emprunte un autre qu’on ne voit pas pour se rendre à un endroit qu’on n’imagine pas. Il y a toujours quelqu’un.




Évidemment, on a intérêt à regarder où on met les pieds si on ne veut pas se salir les souliers en marchant directement dans des bouses de vaches fraîchement déposées sur le sol…



Il y avait autrefois autour de Mandu, pour protéger la ville un mur qui faisait 72 kilomètres. Il en reste ici et là des vestiges, particulièrement les anciennes portes de la ville.


Pour terminer la longue journée, la voiture de taxi s’est aventurée dans une toute petite rue qui, une fois sortie de la ville, est devenue un petit chemin de campagne très étroit.

Sur les deux kilomètres menant aux ruines de Lal Mahal, le palais rouge, la pauvreté de la campagne indienne nous tord les entrailles. La pauvreté dans les villes indiennes est difficile à supporter car les personnes qui la subissent sont souvent des déracinés, venus de lointains États indiens, et on lit sur leurs visages la détresse qu’ils ont fuit. Dans les campagnes, comme ici à Mandu, sur ce chemin le long duquel sont construites des maisons en boue séchée, sans accès à l’eau potable et sans toilettes, vivent ceux qui risquent, à un moment où à un autre, de voir leurs enfants partir pour la ville, augmenter le nombre de ces déracinés à la recherche d’un avenir.
Pour voir ces ruines d’un ancien palais abandonné et loin de tout, il fallait traverser cette misère. Les ruines n’en sont que plus pathétiques.



Malgré tout, il faut apprécier la beauté des paysages pour se réconcilier avec les injustices de la vie, sans les nier ou les oublier.

Ces photos de campagne indienne pleines de calme et de douceur ravissent la fille contemplative que je suis…. Et que dire du site enchanteur de la dernière photo… Quel beau point de vue!