Jaisalmer- les temples jaïns

Le jaïnisme est une des religions née en Inde il y a plus de deux milles ans, parallèlement à l’hindouisme. Il y a cinq millions de personnes qui se réclament de cette religion et la très grande majorité d’entre eux vivent en Inde. Il s’agit donc d’une très petite minorité en Inde.

C’est une religion d’ascètes, de stricts végétariens et de promoteurs de la non-violence. On dit que Gandhi a été influencé par les principes de non-violence promus par les jaïns.

À plusieurs endroits en Inde, on trouve de très beaux temples jaïns. C’est le cas à Jaisalmer. Cinq de ces temples forment un ensemble dans le Fort.

On peut admirer le travail des sculpteurs de pierre, au plafond comme sur les colonnes des temples.

Les palais de Jaisalmer

À l’intérieur du Fort, deux palais royaux accueillent les visiteurs. Ce sont surtout les éléments architecturaux qui attirent l’attention. Des travaux d’une grande qualité qui traversent le temps grâce à l’attention des artisans restaurateurs qui tentent d’en préserver l’intégrité malgré les difficultés.

Ces deux portes, qu’on dirait en bois sculpté, sont en fait en fer forgé; un cadeau d’un empereur moghol.

Un marché de ville

Sur une grande place de la ville des dizaines de personnes viennent vendre leurs produits au marché. Les chariots avec des roues de vélos sur lesquels les produits sont présentés sont rudimentaires mais très efficients.

Les vendeurs éloignent régulièrement les vaches et les chèvres qui cherchent à les dévaliser…

Un artisan à Jaisalmer

Ce coin du Rajasthan est reconnu pour son artisanat. Les rues du Fort sont bordées de magasins où on vend de tout, les tissus colorés, les bracelets en verre, les produits en cuir, en pierre, en bronze…

Malheureusement, de plus en plus de ces articles sont manufacturés, il ne reste que très peu d’endroits où ce sont des artisanes ou des artisans qui font le travail à la main. Ici comme ailleurs, le coût d’une main d’œuvre artisanes rendrait les produits beaucoup trop chers pour les touristes qui s’attendent toujours à trouver un trésor pour une bouchée de pain naan…

À la sortie du palais de la reine, un joaillier travaille à la main des produits en argent, dans la boutique Hari Om. La boutique a été ouverte par son père il y a près de 60 ans.

Son art m’apparaît assez unique, il travaille des bagues, des bracelets ou des boucles d’oreilles en y sculptant de petits motifs. Il y « dessine » les divinités hindoues ou les motifs des balcons du palais, qui eux aussi sont de vraies œuvres d’art.

Tout est fait à la main, sans aucun instrument mécanique.

Je ne connais le nom de chacune de ces opérations, mais c’est très intéressant à observer. Pour une seule bague travaillée ainsi, il faut plus de 25 jours de travail. C’est pendant la saison morte, qui dure à peu près six mois, qu’il avance sa production qu’il vend aux touristes à leur passage.

En 1989, son père, aujourd’hui décédé, a reçu un prix prestigieux par le président de l’Inde. Pour le remercier, il lui a remis un de ses cheveux sur lequel était gravé le nom de ce président…

Sur la route de la soie, Jaisalmer

Dans cette ville de poussière, bâtie en plein désert du Thar à 100 kilomètres de la frontière avec le Pakistan, passait autrefois la Route de la soie. Cette route a été la voie du commerce entre la Chine et l’Europe pendant des centaines et des centaines d’années. Évidemment, il y avait plusieurs parcours, mais un d’entre eux passait par Jaisalmer.

Les marchants traversaient la ville, avec leurs trésors de soie, il ne faut jamais oublier que les Chinois ont été pendant des siècles les seuls au monde à connaître le secret de la fabrication de la soie, mais aussi de bijoux, d’épices et d’opium. Ils devaient payer un droit de passage au maharawal, c’était son titre à Jaisalmer, ce qui bien sûr contribua à sa fortune. La famille royale de Jaisalmer, les Bathis, se réclament de la descendance de Khrisna, rien de moins. Mais les Rathore de Jodhpur se réclament bien de celle de Rama…

Quand les routes de commerces avec ce qui est aujourd’hui le Pakistan se sont fermées lors de l’Indépendance en 1947, la situation de Jaisalmer a commencé à décliner. La ville a décidé de se recycler dans le tourisme. C’est cette industrie qui la fait vivre aujourd’hui.

La ville s’est développé autour du Fort, construit sur un promontoire. Il est toujours vivant, plus de 2000 personne te y vivent et y travaillent encore aujourd’hui. Mais il fait l’objet de préoccupations à cause de l’érosion générée en grande partie par les activités humaines.

Une courte visite laisse déjà présager de l’intérêt à prendre de le temps de découvrir la ville.

La petite fille qui descendait à Ramdevra

Il faisait encore noir lorsque je suis arrivé à la gare de Jodhpur, un peu avant 7h pour prendre le train #22931 pour Jaisalmer. Il était trop tôt pour petit déjeuner au Guesthouse, alors j’ai pris un kachori et un masala chai sur le quai.

Le train a quitté Mumbai il y a plus de 24h et s’arrêtait à Jodhpur ce matin.

Dans le wagon où mon siège était réservé, tout le monde dormait encore. Le train, lentement et avec un peu de retard, a quitté Jodhpur

Il n’a pas fallu très longtemps pour que tout le monde se réveille, sauf une petite boule enroulée dans une couverture, protégée par une vieille dame.

Quand elle s’est réveillée, elle s’est assise carrée sur la banquette. Elle souriait. Elle doit avoir autour de trois ans, quatre tout au plus.

Elle a salué tout le monde et, quand ce fut mon tour, elle m’a longuement fixé sans rien dire. Puis elle m’a fait le plus beau sourire.

Son père m’a expliqué que sa famille, était monté dans le train à Ahmedabad, dans le Gujarat, situé à plus de 450 kilomètres de Jodhpur.

Ils se sont arrêtés à Ramdevra, une centaine de kilomètres avant Jaisalmer, un endroit désertique.

Avant de quitter le train, la petite, dont je n’ai pas su le nom, m’a regardé longuement à nouveau. Puis elle est descendu du train. À Ramdevra.

Jodhpur-pourquoi la ville bleue?

Autrefois, le bleu était la couleur désignée pour les brahmines, la caste supérieure, celle des prêtres hindous. Les maisons teintes en bleu permettaient ainsi de les identifier. Avec le temps, d’autres se sont prévalu de ce privilège car le bleu réduit les effets de la chaleur du soleil et éloigne les moustiques!

En attendant les clients

Peut-être les journées commencent-elles lentement, peut-être cela fait-il partie du rituel du début de la journée. On se tient prêt, sur le pas de la porte de la boutique, en lisant son journal et en buvant un petit verre de chai. La journée sera longue, la plupart des boutiques ne fermeront leurs portes que tard le soir, une fois le dernier client parti.

Jodhpur, safari photos dans la ville bleue

La vieille ville de Jodhpur est un incroyable labyrinthe de ruelles étroites qui, parfois, ne mènent qu’à des culs-de-sac. Plusieurs maisons sont de couleur bleue. Non,elles ne le sont jamais pas toutes, mais la présence d’un grand nombre d’entre elles crée une atmosphère très particulière.

On a envie de tout prendre en photo et on doit sans cesse se rappeler que photographier c’est pour conserver un souvenir, pas pour le créer. Alors on arpente ces ruelles en regardant partout et en portant attention aux détails, aux différences, en saluant les gens qui nous sourient et en appréciant cette jolie ville bleue.

Plusieurs maisons sont en mauvaises conditions et même assez délabrées, la ville bleue est un quartier populaire.

Dans ces ruelles, les gens marchent ou se déplacent à moto ou en scooter. On peut croiser des vaches, des ânes, des chiens et même des chèvres.

Certains éléments architecturaux sont très beaux, comme les portes, les fenêtres ou les ornements des étages supérieurs des maisons.